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vendredi 26 mars 2010

[News] My Fair Lady: Carey Mulligan dans le role d’Eliza Doolittle?

La News qui fait le tour des sites et blogs ciné actuellement, touche au casting du remake de la comédie musicale My Fair Lady. Un projet qui n’a eu de cesse d’attirer les rumeurs. On a eu droit au duo Joe Wright et Keira Knightley, à Scarlett Johansson ou Natalie Portman. Cette fois-ci c’est la révélation de Une éducation, Carey Mulligan, qui serait en bonne voie pour reprendre le rôle d’Eliza Doolittle.


C’est Emma Thompson, qui travaille actuellement sur le scénario du film, qui a laissé filtré la nouvelle hier sur la BBC. D’autre part, si personne n’a encore été casté dans pour interpréter le Professeur Henry Higgins, l’actrice anglaise a également laissé entendre qu’elle aimerait bien voir Hugh Grant reprendre le rôle.

Pour rappel My Fair Lady est l’adaptation en comédie musicale de Pygmalion de George Bernard Shaw. Dans le Londres du début du XXème siècle, le Professeur de phonétique Henry Higgins, une misogyne arrogant, fait le pari avec le colonel Pickering qu’il est capable d’apprendre à n’importe quelle fille le parlé de la haute société et les bonnes manières et de la faire ainsi passer pour une duchesse. Il jette alors son dévolu sur Eliza Doolittle, une jeune fleuriste à l’accent Cockney très prononcé…


Le show avait été un franc succès sur Broadway en 1956 remportant 7 Tony Awards et battant tous les reccords de durée sur l’artère New Yorkaise à l’époque. Il a été adapté ensuite à l’écran en 1964 par George Cuckor avec en tête d’affiche Rex Harrison qui reprenait son propre rôle de Henry Higgins et Audrey Hepburn qui succédait ainsi à Julie Andrews dans le rôle de Eliza Doolittle. Le film a remporté 8 Oscars dont ceux du meilleur film et meilleur réalisateur.


La nouvelle version sera réalisée par John Madden (Shakespeare In Love) et devrait sortir sur les écrans en 2012





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mardi 2 mars 2010

[Film] Nine (2010)

Catégorie: Comédie musicale
Réalisation: Rob Marshall
Chorégraphie: John DeLuca et Rob Marshall
Avec: Daniel Day-Lewis, Marion Cotillard, Penélope Cruz, Judi Dench, Nicole Kidman, Kate Hudson, Sophia Loren, Fergie


A l’aube de la cinquantaine, le célèbre réalisateur italien Guido Contini est en pleine crise créative. Alors qu’il essaye d’écrire le script de son nouveau film, Italia, dont la date du tournage approche à grand pas, son imaginaire se trouve confronter aux différentes femmes qui ont une influence sur sa vie, sa carrière: sa mère, sa femme, sa maîtresse, son actrice principale, sa confidente et costumière, la prostitué de son village, une journaliste de mode.
Pitch écrit pour FilmDeCulte



Quand je me suis retrouvée face à l’écriture de cette critique pour FilmDeCulte, j’étais bien en peine. Le film m’a déçue, mais je n’arrivais (et n’arrive toujours pas vraiment) à expliquer pourquoi. Il n’est pas mauvais, il est juste raté. Tous les choix de Rob Marshall semblent tomber à plat. La voix off, les transitions, la location des scènes musicales… Etrange, très étrange. Et pourtant j’avais envie de l’aimer ce film, je l’ai assez dit ici. Mais force est de le reconnaître, il fait flop.



Ma critique sur FilmDeCulte


"BE ON YOUR ON"

On l’attendait avec impatience cette nouvelle comédie musicale signée Rob Marshall, adaptée du célèbre show de Broadway Nine - récompensé de cinq Tony Awards en 1982 puis deux autres en 2003 lors de son revival – lui-même inspiré du film de Federico Fellini 8 ½. Bardée d’un casting cinq étoiles comme l’avait été Chicago, elle s’était placée dès l’annonce du projet comme LE concurrent incontournable des Oscars 2010. Pourtant le film n’écope que de quatre nominations pour la plupart techniques. Si la photo est superbe, si les acteurs sont à la hauteur - particulièrement Daniel Day-Lewis, Marion Cotillard et Penélope Cruz, qui méritent amplement leurs nominations aux Golden Globes -, si les chansons sont plutôt sympathiques, quelque chose cloche. Pris indépendamment, chacun des éléments fonctionne, certains instants sont même remarquables (Be Italian par Fergie, Take it all par Marion Cotillard ou encore la présentation du personnage de Guido) et valent à eux seuls le détour, mais quand on combine le tout, il y a comme un arrière-goût de ratage. Comme si Rob Marshall avait eu de (très) bonnes idées mais n’avait pas su comment les agencer.


WHY, OH WHY?

Pourquoi avoir transporté toutes les scènes musicales des femmes de la vie de Guido dans un décor de plateau de cinéma alors que la plupart d’entre elles auraient pu fonctionner, voire même être bien plus intéressantes, dans leur lieu initial (notamment la scène de la plage avec Fergie et celle de la fontaine avec Nicole Kidman)? Ce concept, typique de Bob Fosse (Nine rappelle d’ailleurs à plusieurs reprises la deuxième moitié de Que le spectacle commence), se justifiait parfaitement dans Chicago puisque la représentation scénique, la poudre aux yeux et l’envie constante de Roxie de devenir star de cabaret, étaient le sujet même du film. Ici Rob Marshall donne l’impression d’avoir simplement copié le principe sans se demander pourquoi, et surtout comment, l’appliquer à Nine. On peut arguer qu’à la manière de Roxie, Guido imagine sa vie comme une œuvre cinématographique, mais alors pourquoi avoir choisi un décor statique qui évoque plus la représentation scénique que le septième art? Si l’on repense à Chantons sous la pluie, qui s’amuse également avec l’image du plateau de cinéma, l’utilisation qui en est faite fonctionnait car beaucoup plus cinétique, laissant le décor s’animer. Il y a chez Donen et Kelly une idée du mouvement dans l’image même qui se perd chez Marshall, faisant tomber l’idée à plat.

Il en va de même si l’on rentre dans les détails. Incompréhension totale devant la vulgarité crasse de la scène musicale du personnage de Penélope Cruz, A Call from the Vatican. Elle nous est certes montrée à travers l’imaginaire de Guido, qui ne considère sa maîtresse que comme un objet sexuel, mais il y a des façons plus heureuses de faire passer l’idée que de montrer en gros plan dans une lumière crue des jambes qui s’écartent et une bouche beuglante. Incompréhension également devant le vocabulaire chorégraphique utilisé pour la séquence de Kate Hudson, Cinema Italiano. Si la scène en elle-même est très sympathique grâce à son énergie, sa structure et l’interprétation des danseurs, bon nombre de mouvements sont eux complètement anachroniques, et clashent avec l’esthétique 60’s véhiculée par les costumes. Incompréhension enfin devant ce final qui prend de l’ampleur, se construit en beauté vers un climax qui n’arrive jamais, nous privant d’une scène qui s’annonçait être parmi les plus jubilatoires du film. Un final riche, bourré d’idées qui, à l’instar du film, retombe comme un soufflet.



Note:
note sur 6



La danse dans le film

Il y a dans le film douze scènes musicales dont quatre ne contiennent aucun pas de danse. J’ai quand même détaillé trois d’entre elles car elles font partite de l’articulation du film, et me permettent d’argumenter sur le problème de transitions et de changement de lieu comme évoqué plus haut. Bref, elles me permettent de me plaindre, très important donc!
Mis à part les scènes d’ouverture et clôture, ces séquences sont exclusivement de solos chantés par chacun des personnages principaux. Deux solos pour Guido et sa femme et un pour chacune des autres muses. Il y a bien sur dans certains cas des background danseurs/chanteurs (les scènes de Judi Dench, Fergie ou Kate Hudson), et Guido apparaît comme spectateur dans quelques uns de ces morceaux mais nous n’avons droit en aucun cas à des duos ou chorégraphies de groupes mélangeant nos têtes d’affiche (à l’exception de la première scène donc). De fait tous ces numéros manquent un peu de variété, donnant une impression d’accumulation de vignettes stars fonctionnant sur le même principe.
Ceci étant dit il y a dans l’ensemble du bon, voir même du très bon.


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Scène 1: Overture Delle Donne - Ensemble

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Une première scène musicale qui introduit les sept femmes de la vie de Guido. Rien de passionnant au niveau de la chorégraphie puisqu’il ne s’agit que de mini extraits des chorégraphies que nous verrons plus tard agencés bouts à bouts, de façon assez convaincante je dois dire. Le tout reste quand même plutôt intéressant au niveau de la mise en scène et surtout se place comme une bien jolie introduction. Par contre je n’aime pas trop la transition qui emmène à cette scène musicale. J’aurais aimé par exemple que la première cloche au début tombe au moment où Guido craque son allumette.


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Scène 2: Guido’s Song - Daniel Day-Lewis

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Pris en embuscade dans une conférence de presse à laquelle in veut échapper coute que coute, Guido entame son thème principal. Voilà le premier exemple de relocalisation ratée, le premier exemple de scène sympa qui dans la globalité du film tombe à plat. En elle-même la partie musicale (celle qui a lieu dans le décor de cinéma en construction) est plutôt intéressante avec un joli jeu sur les lumières, et un Guido qui se démène dans les échafaudages, comme empêtré dans ce film trop pesant. Si cette idée d’analogie entre le set et le film lui-même fait ici sens, la transition entre la salle de conférence et le plateau est assez mal amenée. D’autant que quelques minutes plus tôt Guido était justement là à Cinecitta. Pourquoi ne pas avoir fait la conférence de presse sur place, ou dans un lieu plus proche du studio, permettant ainsi une transition directe, defacto? Pourquoi nous donner à voir un Guido qui chante "mentalement", alors que sa chanson pouvait très bien s’adresser à tous ces journalistes qui l’assaillent de questions? Je ne sais pas comment l’expliquer mais pour moi ça cloche.
Sur une autre note la fin de cette scène me fait penser à la construction du Cell Block Tango, avec ces back up dancers dans des niches en contre jour en hauteur et le personnage principal qui se démène en bas.


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Scène 3: A Call from the Vatican - Penélope Cruz

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Je trouve cette séquence ultra vulgaire. Comme dit plus haut dans la critique, bien sûr la façon de se comporter de Carla est un pur fantasme de la part de Guido, mais je trouve la chorégraphie absolument pas sexy et la réalisation qui accumule les cuts en gros plans complètement ratée. La scène que j’aime le moins, complètement ratée à mon goût, alors que pourtant j’ai trouvé la prestation de Penélope Cruz plutôt étonnante dans le film.


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Scène 4: Folies Bergères - Judi Dench

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Ici on est dans le souvenir et à la fois projection de Lili la confidente de Guido avec une représentation façon revue parisienne. La chorégraphie de plumes est plutôt bien pensée je trouve, et bien sympa et Judi Dench est plutôt pas mal. D’autre part pour une fois (peut-être même la seule d’ailleurs, si l’on excepte les scènes d’introduction et de clôture du film) l’utilisation du plateau de cinéma comme décors est plutôt bien amenée grâce au dialogue qui précède (Lili suggère à Guido de faire une scène musicale dans son film) et à l’image de la maquette du décor façon salle de cabaret qui suit.


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Scène 5: Be Italian - Fergie

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La meilleure chorégraphie du film, la plus recherchée et inventive. Très bonne utilisation des accessoires, que ce soit des chaises, des tambourins ou du sable et très bonne écriture sur cette musique qui prend de l’ampleur au fur et à mesure que la scène avance. Vraiment bien en soit. Mais la réalisation se montre assez brouillonne avec quelques plans complètement ratés, et une fois de plus à mon goût il y a un gros problème au niveau de la relocalisation. L’utilisation du plateau de cinéma ne fait ici pour moi absolument aucun sens (d’autant plus que le retour au présent ne se fait pas tout de suite une fois la scène finie) et je trouve que la scène aurait été encore plus audacieuse si elle avait été faite sur la plage même.


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Scène 6: My Husband makes movies - Marion Cotillard

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Pas de danse dans cette scène, mais je crois que c’est en la revoyant que j’arrive enfin à mettre le doigt sur ce qui me gène dans ce film... On dirait en fait que Rob Marshall a un peu honte de faire une comédie musicale. Comme si il essayait en permanence de justifier ou de légitimer le fait que les gens se mettent d’un seul coup à chanter. Comme si il fallait qu’il les place dans un décors artificiel parce que vous comprenez, ça n’arrive pas dans la réalité ce genre de chose. C’est assez frappant dans cette scène où il va jusqu’à mettre sur le plateau de cinéma la table est les invités du restaurant. Pourquoi changer de lieu pour la chanson? J’avoue je comprend encore moins que dans les autres scènes, d’autant plus qu’ici il n’y a pas de chorégraphie qui nécessite de l’espace ou un décor particulier, ou quoi que ce soit, non, elle chante juste en regardant son mari…
Ceci étant dit, j’ai beaucoup cette chanson et je trouve Marion très bien, et je ne m’attendais pas à ce qu’elle chante aussi bien.


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Scène 7: Cinema Italiano - Kate Hudson

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J’aime beaucoup cette séquence hors contexte, pour son énergie et les costumes. Je la trouve vraiment très sympa et bien interprétée par Kate Hudson. J’aime bien la chanson aussi. Par contre comme dit dans la critique plus haut je trouve le langage chorégraphique utilisé ici trop pop pour une scène qui se passe au début des années 60. Bien sûr c’est inspiré du style des Go-Go dancers qui est effectivement né à New York à cette époque (mini jupes, paillettes, rangées de franges et bottes à talon) et l’idée était plutôt bien trouvée pour représenter cette journaliste de mode américaine ultra hype. Mais le Go-Go dancing à ce moment là était certes énergique mais plus statique dans l’espace, moins sautillant, inspiré du twist (vous me direz faire une chorégraphie dans ce style là aurait été un challenge pour que ce ne soit pas ennuyeux à regarder). Là par moment ça fait plus du Go-Go dancing des années 70 voir 80 pour certains mouvements.


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Scène 8: Guarda la Luna - Sophia Loren

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Seulement une petite valse entre Guido et sa mère. Je trouve cette scène complètement inutile aussi bien dans ce qu’elle raconte que dans sa mise en scène. Sans parler de Sophia Loren qui a quand même pris un sacré coup de vieux. Après évidemment je trouve ça joli les bougies et le noir et blanc mais ça se limite un peu à ca…


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Scène 9: Unusual Way - Nicole Kidman

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Deuxième scène ne contenant pas de danse, et elle possède pour moi exactement le même problème que My husband makes movies. Son idée de mise en scène alternant le plateau de cinéma qui reproduit exactement cette balade dans une ruelle puis autour d’une fontaine, reste une vraie énigme. Je ne comprends par pourquoi ce choix, autre que comme dit plus haut une sorte de façon de se dédouaner de faire chanter ses acteurs.


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Scène 10: Take it all - Marion Cotillard

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Ma scène préférée du film assurément. J’adore la chorégraphie, la mise en scène, le costume, le côté burlesque et en même temps la rage, le jeu et la voix de Marion Cotillard. Par contre je trouve dommage qu’elle soit entrecoupée de ces petits bouts de monologues et je ne comprends pas l’utilisation du noir et blanc (qui au passage colle très bien à la scène esthétiquement parlant, elle est peut-être là la seule explication) qui était jusque là réservé aux flash-backs/souvenirs alors que cette scène se situe dans le présent.


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Scène 11: I can’t make this movie - Daniel Day-Lewis

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Troisième scène sans danse à proprement parlé même si elle reste quand même plus mouvementée que les deux autres. Pas grand-chose à dire ici au final. Ha si, je n’aime pas du tout la chanson. La moins bonne du film pour moi.


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Je ne vais pas m’attarder sur le final qui ne contient pas de chorégraphie, ni de paroles. Juste de la musique qui monte, monte, monte, et retombe bêtement sans que rien ne se passe réellement.

Par contre au niveau de la danse je trouve le générique de fin assez intéressant. Il alterne des scènes de répétitions en noir et blanc et leur rendu dans le film. Très sympa.

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mardi 24 novembre 2009

[Actu] Nine de Rob Marshall: les affiches

Parce qu’il faut que je m’y remette un peu, autant commencer par du facile (ou presque étant donné le piteux état de ma connexion internet) à poster.

Voici les différentes affiches internationales qui ont été crées pour Nine la nouvelle comédie musicale signée Rob Marshall (Chicago).







J’avoue qu’aucune ne m’emballe particulièrement. Pour rappel, le film est prévu en France pour le 17 février 2010.


Merci à Caro pour le tip...


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vendredi 15 mai 2009

[Actu] Nine de Rob Marshall: La bande annonce

En novembre dernier nous avions pu voir les premières photos de Nine la nouvelle comédie musicale du chorégraphe/réalisateur Rob Marshall (Chicago). La bande annonce vient enfin de tomber cette fin de semaine et promet du bon, du très bon même…



Je ne sais pas vous mais moi ça me motive encore plus et ça place le film comme une de mes plus grosses attentes de l'année…



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samedi 18 avril 2009

[News] Spring Awakening: McG achète les droits


Le réalisateur McG (Charlie's Angels, Terminator Salvation) vient d'acheter les droits du show Spring Awakening. Tout nouveau sur l'artère newyorkaise le show avait remporté un énorme succès dès sa première et avait récolté 8 Tony Awards fin 2007 et 2 Grammy Awards en 2008. On avait également pu en voir des extraits dans 90210 en septembre dernier.

Ce show résolument rock créé par Steven Sater et Duncan Sheik raconte l'histoire d'un groupe d'adolescent de l'Allemagne du 19ème siècle en proie aux tourments sexuels inhérents à leur âge. Les textes sont réputés pour être crus et non censurés pour preuve la chanson phare The Bitch of linving ou encore Totally fucked. Si le réalisateur aurait approché Warner dans un premier temps pour produire le film, il aurait décidé au final de le développer de manière indépendante, avec l'aide de Steven Sater, pour éviter les coupes et la censure des studios.



Source Total Film




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dimanche 1 mars 2009

[News] Damn Yankees!: Un remake avec Jake Gyllenhaal & Jim Carrey

La news est tombée hier, après deux ans de négociations acharnées, un remake (et oui encore un) de la comédie musicale Damn Yankees! vient d'être mis en route. L'original avait été co-réalisé en 1958 par Stanley Donen et George Abbott d'après le show de George Abbott chorégraphié par Bob Fosse qui avait fait des remous sur Broadway pour son côté non conventionnel. Il avait quand même gagné cinq Tony Awards et révélé la danseuse Gwen Verdon au grand public.
Petite parenthèse pour les fans des trivias: rappelons que Gwen Verdon a épousé Bob Fosse deux ans plus tard, qu'elle a repris son rôle dans le film et que Fosse y joue un danseur de mambo non crédité. Fermons la parenthèse…


Damn Yankees! raconte l'histoire de Joe Boyd, un agent immobilier fan de baseball, qui décide de vendre son âme au diable pour aider son équipe favorite. Pour se faire le diable le transforme en Joe Hardy, un jeune baseballer de talent. Boyd peut revenir sur sa décision et récupérer son âme, mais la deadline se trouve malheureusement pendant les championnats du monde, et de plus le diable fait intervenir une âme perdue du nom de Lola pour le séduire et lui faire celer le pacte.


Dans cette nouvelle version Joe Boyd/Hardy sera interprété par Jake Gyllenhaal et le diable par Jim Carrey. Personne n'a encore été annoncé pour le rôle de Lola. Le film sera produit par Craig Zadan et Neil Meron, le duo de New Line derrière Hairspray, et écrit Lowell Ganz et Babaloo Mandel. Il est programmé pour 2010.



J'avoue que je suis intriguée par ce projet. D'un côté j'aime beaucoup le film original par grâce à ses situations assez peu courantes dans le milieu de la comédie musicale (il faut dire aussi que le mélange Donen + Fosse c'est fait pour moi) et je commence à en avoir marre des remakes. D'un autre côté je languis de voir Jake Gyllenhaal dans un musical, ça peut rendre pas mal je pense. Pour ce qui est de Jim Carrey, je n'aime pas l'acteur dans ses rôles ultra comiques déjantés, par contre je l'aime bien quand il joue des rôles plus sérieux et je pense qu'il a du potentiel pour une comédie musicale. A voir maintenant qui ils vont choisir pour le rôle de Lola qui est assez crucial. A suivre donc…

Sources: Variety et Just Jared





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lundi 5 janvier 2009

Chicago (2002)

Continuons dans les rattrapages de films étant sortis avant la création de ce blog. Une fois de plus il s'agit d'une critique que j'avais écrite pour FilmDeCulte lors de la sortie du film en 2002.

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Chicago
USA, 2002
Réalisation: Rob Marshall
Chorégraphies: Rob Marshall d'après l'œuvre de Bob Fosse


Janvier 1929, les cabarets de Chicago sont pleins à craquer d'une foule avide de paillettes et de sensations fortes. Dans les entrailles de l'Onyx Club sévit la sulfureuse Velma Kelly, idolâtrée par la blondinette Roxie Hart, qui ne désespère pas de monter sur scène à ses côtés grâce à une entrevue avec le directeur du cabaret promise par son amant. Mais, se voyant trompée par ce dernier, Roxie le tue. En prison, elle retrouve Velma, qui avait refroidi un mois plus tôt son mari et sa soeur. Promises à la potence, leur seule chance est d'embaucher le célèbre avocat Billy Flynn...


THEY HAD IT COMIN'

Après Moulin Rouge en 2001, voici venu Chicago, nouvelle bombe musicale pailletée. Contrairement à Baz Lurhmann, qui avait signé un scénario original, Rob Marshall utilise la bonne vieille recette des années 20, celle là même qui avait rendu Bubsy Berkeley maître de cet art. A la manière des premières grandes comédies musicales, Chicago est une adaptation à l'écran d'un show à succès de Broadway. L'histoire est née en 1926 sous la plume de Maurine Dallas Watkins, talentueuse journaliste de Chicago, dans une version théâtrale inspirée d'un fait divers qui avait défrayé les chroniques de l'époque. Après de nombreuses représentations sur scène et une adaptation au cinéma en 1927, la pièce tombe dans l'oubli jusqu'à l'arrivée de Bob Fosse en 1975. Avec l'aide de Fred Ebb et John Kander, le Roi de Broadway décide de transformer la pièce en comédie musicale. Le résultat est stupéfiant. "Welcome. Ladies and Gentlemen, you are about to see a story of murder, greed, corruption, violence, exploitation, adultery, and treachery - all those things we all hold near and dear to our hearts. Thank you...". Voilà ce que promet Chicago dès son ouverture, un show euphorique, sexy, drôle et sarcastique, traitant de thèmes universels constamment dans l'air du temps. Toujours à l'affiche sur Broadway et exporté à Londres dans les années 90, le spectacle, couronné de plusieurs Tony Awards, est devenu un incontournable de l'artère New-Yorkaise. Il n'est alors pas étonnant de le voir porté à l'écran dans une adaptation musclée nommée treize fois aux oscars.



YOU CAN LIVE THE LIFE YOU LIKE

Le principal intérêt du film réside dans son statut d'adaptation. Comment transposer un spectacle de cette ampleur au cinéma sans altérer sa qualité? Bob Fosse avait conçu sa comédie comme une revue de Music-Hall dans laquelle les danseurs s'adressent en chantant au public et où les morceaux sont liés, non par des dialogues, mais par les annonces d'un chef d'orchestre/présentateur de spectacle. Pour palier le problème de théâtralité qu'aurait pu entraîner une adaptation rigoureuse de la pièce, Rob Marshall a transformé toutes les scènes chantées et dansées en fantasmes imaginés par Roxie. Elle qui rêve de devenir chanteuse de cabaret, la voilà qui projette sur la scène de l'Onyx Club ses moindres désirs et pensées intimes, nous entraînant dans un monde où tous les protagonistes sont vus à travers son regard et où l'on n'aurait d'yeux que pour elle. Son personnage apparaît ainsi d'une grande complexité. Ambitieuse, égocentrique et schizophrène, sa seule envie est de séduire pour échapper à la solitude insupportable dans laquelle elle se trouve.


Pour rendre ces intrusions spectaculaires plus crédibles, Rob Marshall s'est servi d'une esthétique très travaillée, basée sur les divers courants artistiques des années 20 et les différents styles de spectacles que l'on trouvait à l'époque. S'inspirant de ce qu'avait mis en place Fosse, Kander et Ebb, ses chorégraphies se placent comme des références aux grands shows du début du XXème siècle, comme les Ziegfield Folies, Show Boat ou encore la revue King of Jazz. Les personnages sont tour à tour danseurs de charleston, de tango, de claquettes, de cabaret, meneuses de revue ou clown triste. Le tout évolue dans le très élégant Onyx Club. Teinté de couleurs chaudes soulignées de dorures élégantes, baigné de lumières filtrées jouant sur les ombres, les contre jour et les reflets, ce lieu dont l'onirisme est poussé jusqu'à l'excès permet de distinguer clairement le rêve de la réalité. Cette dualité se retrouve également dans les costumes de Roxie. Alors que dans le réel ses habits sont de couleurs neutres, passant totalement inaperçus (contrairement à ceux de Velma), ses fantasmes la laissent apparaître plus étincelante que jamais moulée dans des tenues sexys et pailletées.



GIVE 'EM ACT WITH LOTS OF FLASH IN IT

Pour servir ce jeu de séduction et de poudre aux yeux, Rob Marshall a bénéficié d'un casting de rêve. Renée Zellweger, aux allures d'une Marilyn à mi chemin entre la Lorelei de Les hommes préfèrent les blondes et la Pola de Comment épouser un millionnaire, se dandine et chante avec brio les solo de Roxie Hart. Un tour de force salué par les critiques pour cette actrice qui n'avait jamais abordé le style de la comédie musicale. Richard Gere de son côté cabotine un peu dans un rôle assez proche de celui qu'il tenait dans Cotton Club. Et même si, en familier des comédies musicales, il signe de parfaits tours de chants et de claquettes, il apparaît regrettable que le premier choix plus charismatique de Hugh Jackman pour interpréter Billy Flynn n'ait pas été suivi. Car la réelle star du film n'est autre que Catherine Zeta-Jones. Pleine de fougue, elle illumine l'écran (en particulier dans le sublime "Cell-block Tango") laissant derrière elle tous ses partenaires. A sa voix envoûtante se mêle une danse énergique, sexy et millimétrée qui frise la perfection. Cynique jusqu'au bout des ongles, elle incarne de main de maître une Velma Kelly désemparée, se voyant doublée par la novice blondinette qu'est Roxie. Les seconds rôles sont également servis par du beau monde. Queen Latifah et John C. Reilly se montrent parfaits dans leurs rôles respectifs. L'une en voluptueuse matrone intéressée signe un numéro de meneuse de revue ("When you're good to Mama") impeccable, l'autre en mari bafoué remet au goût du jour le superbe air de "Mister cellophane". Pas moins de quatre nominations aux Oscars ont été accordées à ce superbe casting pour compléter les neuf autres, plus "techniques" (dont ceux de meilleur film et meilleur réalisateur).














Note:
note sur 6




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lundi 29 décembre 2008

Tout le monde dit I love you (1996)

Tout le monde dit I love you
(Everyone Says I Love You)
USA, 1996
Réalisation: Woody Allen
Chorégraphies: Graciela Daniele


Conte familial. De la chaleur de l’été new-yorkais à la douceur d’un réveillon parisien, en passant par le labyrinthe vénitien, les déboires amoureux et fêtes du cœur d’une famille pas comme les autres.




IL ETAIT UNE FOIS

Tout le monde dit I love you a cela de particulier qu’il est l’une des rares comédies musicales des années 90, mieux encore, il est celui qui, en 1996, va marquer le retour du genre sur les écrans. Réalisé par un amoureux du jazz et de Broadway, le film se veut un hommage aux grandes productions musicales qui ont émaillé le paysage cinématographique des années 30 aux années 50. Woody Allen, en adepte inconditionnel d’un genre alors en mal de reconnaissance, joue avec les codes, jongle avec les références. Comme à la belle époque, c’est sous forme de conte moderne que le réalisateur décide d’approcher le genre, renouant avec la grande tradition des comédies-contes de fées. Une appartenance générique revendiquée dès l’ouverture du film par la voix off de DJ, comme un conteur déclamant son "Il était une fois": "On n’a pas grand chose à voir avec la famille type qu’on trouve dans une comédie musicale". Une phrase qui trouve écho dans l’exipit emprunté à Skylar: "J'ai dit à Skylar que quelqu'un devrait en faire un film, elle a dit 'De préférence une comédie musicale, sinon personne n'y croira’". Une dernière déclaration qui renvoie donc au trait principal commun à ces deux styles, puisque l’utilisation du merveilleux comme de scènes musicales dans les films permet de légitimer l’irréaliste, de rendre visible l’invisible, de faire exister ce qui se cache dans les rêves et les fantasmes.


AU ROYAUME DES PRINCESSES REVEUSES ET DES FEES CURIEUSES

Du conte, Woody Allen garde donc la figure du conteur par le biais de la voix off de DJ, jeune étudiante girouette servant de liant entre les différentes personnes de cette famille complexe. Mais au delà de ce trait typique, il en copie également la structure (ordre initial – élément perturbateur – épreuves – retour de l’ordre) et les personnages qu’il parodie et démultiplie à souhait. Il y a en premier lieu les deux princesses rêveuses, Skylar et Von. La première au nom évocateur, rêve secrètement du prince charmant qui l’extirpera de son quotidien ennuyeux sur son cheval blanc. Ce sera pourtant un coquin en carrosse rouge luxurieux qui l’enlèvera des siens avant de la laisser aux bras de son cavalier étincelant de toujours, Holden, qui l’attend patiemment, semant des bagues en platine massif dans tous les gâteaux du royaume. Von, elle, énonce des rêves à haute voix récupérés par l’oreille indiscrète de la bonne fée DJ. Cette dernière, démiurge invisible, lui procurera un homme fantasmé accro de ses courbes, de la marguerite africaine et de Bora Bora. Mais une fois de plus, la belle demoiselle retournera à sa vie initiale, finalement plus attrayante et prometteuse qu’un rêve perpétuel trop parfait. Interprété ironiquement par Woody Allen lui-même, cet être fantasmé monté de toutes pièces fait ici figure d’antihéros de conte. Eternel délaissé, il gagnera en fin de compte la dernière danse avec la Reine et la place du bras droit du couple royal.


Autre personnage typique des contes, l’ancêtre, traditionnellement le sage de la famille. S'il prend ici des allures de vieillard sénile dans un premier temps, c’est lui qui annoncera la morale de cette histoire farfelue. "Enjoy yourself, it’s later than you think" chante-t-il à son propre enterrement, entouré de fantômes danseurs. Car c’est bien le célèbre "Carpe Diem" que reprend ici cette fable, thématique matérialisée sous les traits de DJ, toujours elle, qui croque les hommes à tour de bras. Avec cette scène de l’enterrement, Woody Allen installe une part de fantastique et de magie chère aux contes, qui se retrouvera dans le pas de deux féerique et aérien de Steffi et Joe arpentant les quais de Seine. De magie, il en est également question avec le personnage de Scott, le fils républicain en proie à de longues batailles verbales avec sa famille démocrate. Une "faille" qui s’avérera être la cause d’un bouchon artériel, comme si le jeune homme avait été victime d’un enchantement maléfique le transformant en vilain petit canard ou, comme le dit son père, en extra-terrestre. Un évanouissement et un sommeil réparateur plus tard, voici le crapaud transformé en nouveau prince. Car au pays des contes, tout est bien qui finit bien, même pour Laura, jeune princesse en devenir, trahie par sa sœur et son prétendant, qui trouvera en bout de course un Guy à embrasser sous le gui. Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants…



THAT'S ENTERTAINMENT

Mais il ne faut pas oublier que sous la caméra de Woody Allen, le conte de fées devient comédie musicale jouant avec les poncifs du genre. Rompant d’emblée avec la traditionnelle introduction des personnages menant progressivement à une première scène musicale, le réalisateur fait débuter son film par le duo Just you, just me sans aucune transition ou mode d’introduction. Peu à peu, le pas de deux se transforme en visite du midtown de New York: le Central Park de Minnelli, un parterre de coquelicots tout droit venu du Magicien d’Oz, les mannequins des vitrines de Park Avenue qui prennent vie comme dans les mises en scène de Bubsy Berkley ou encore le Beautiful Girl de Chantons sous la pluie. Le caractère abrupt de cette première séquence, reprenant un air très connu du répertoire de la MGM et associée à des séquences phares de ses grands hits, permet ainsi à Woody Allen d’annoncer sans détour la ligne directrice de son film, une comédie musicale hommage. Filant son éloge, il n’utilisera ici que des morceaux musicaux d’époque sous de simples formes mélodiques ou interprétés par les acteurs. A noter ici que seule Drew Barrymore a été doublée, alors que le casting regroupe bon nombre d’acteurs novices dans le genre. Une idée qui renoue avec les productions des années 30, qui recrutaient les interprètes plus pour leur physique ou leur popularité que pour leurs qualités vocales et chorégraphiques (un principe perdu au cours des années 40 et qui semble refaire surface actuellement avec notamment des films comme Moulin Rouge! et Chicago).


Bien sûr, toutes ces scènes musicales ont été méticuleusement choisies par Woody Allen qui, avec une quinzaine de chansons, regroupe toutes les séquences typiques de la comédie musicale classique. Déclarations d'amour langoureuses, rêveries romantiques, lamentations amoureuses, leçons de morale, expression d’une joie simple ou petits intermèdes enjoués, tout y passe. Le réalisateur pousse l’hommage jusqu’à proposer des séquences piochées dans d’autres courants de comédie musicale, le Bollywood avec un Cuddle Up a Little Closer, Lovey Mine version hindi, et la comédie-spectacle avec la représentation parisienne de Hooray for Captain Spaulding/Vive le Capitaine Spaulding. Dans cette dernière scène, Woody Allen se fait également plaisir en donnant aux participants à la fête une tête de Groucho Marx, l'un de ses personnages de prédilection. Autre petit bonbon qu’il s’offre, une visite guidée dans ses villes préférées. Rompant avec la traditionnelle unité de lieu qui habite les comédies musicales classiques, le réalisateur nous transporte de l'Upper West Side new-yorkais aux quais de Seine en passant par Montmartre et Venise. A ceci s’ajoutent des références chorégraphiques notamment dans les scènes My Baby Just Cares for me et I’m Thru with Love version Goldie Hawn. La première, rappelant à plus d’un titre le Moses Suposes de Chantons sous la pluie, est construite de la même façon que les chorégraphies de Gene Kelly et Stanley Donen: un personnage principal, des figures symétriques, un morceau de claquettes central sans paroles et une fin très rapide terminée par une pause groupée. La seconde, elle, rappelle les pas de deux féériques des films de Minnelli comme Brigadoon ou Tous en scène.





De Minnelli, l'on retrouve également les rues de Montmartre qui avaient servi de décors à Un Américain à Paris, mais surtout la thématique de la fresque familiale "annuelle", qui avait notamment servi de trame à son fabuleux Chant du Missouri. Simple hasard ou mimétisme volontaire, les deux films se construisent en tableaux suivant les saisons: l’été, d’abord, puis l’automne et l’hiver, le printemps étant raccourci à quelques minutes chez Minnelli, et laissé de côté par Allen, comme sous-entendu. Plus encore, les saisons sont dans les deux cas marquées par des symboles communs: la baignade (les deux jeunes sœurs Smith et Daldridge), le sport et le voyage pour l’été; la nuit d’Halloween pour l’automne (tableau dans lequel on peu voir dans les deux films la rupture d’un jeune couple puis sa réconciliation au moment de la fête des morts); une fête de Noël et son grand sapin pour l’hiver, qui met fin à toutes les discordes et prépare la famille à démarrer une nouvelle année. Enfin, à la manière de Minnelli qui marquait l’ouverture de ses tableaux par une photo de la maison des Smith aux différentes époques de l’année, Allen les délimite grâce à des plans sur Central Park accusant le passage des saisons, vues subjectives des Daldridge regardant par la fenêtre de leur loft. Si la référence au film de Minnelli n’est pas ouvertement avouée par Allen, elle est ici frappante. Ou est-ce tout simplement parce que, construisant tous deux des contes familiaux, les réalisateurs se sont plu à intégrer à leurs récits deux fêtes traditionnelles emblématiques du genre.



Note:
note sur 6


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Cette critique a été écrite pour le site FilmDeCulte, dont la page originale se trouve en cliquant ici.




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samedi 27 décembre 2008

Le Chant du Missouri (1944)

Puisqu'on est dans les fêtes de fin d'année, je me suis dit qu'il était temps de vous parler de deux comédies musicales que j'affectionne particulièrement qui mettent en avant ces fêtes familiales enneigées. Elles ont chacune à leur manière marqué un tournant dans l'histoire du genre. Je parle bien sûr du Chant du Missouri de Vincente Minnelli et de Tout le Monde dit I love you de Woody Allen. Commençons dans l'ordre chonologique…

Cette critique a été écrite pour le site FilmDeCulte, dont la page originale se trouve en cliquant ici. C'est un peu long, mais le film en vaut la peine, il est très riche, et dites vous qu'en plus de cette critique j'avais écrit 3 analyses de séquences…


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Le Chant du Missouri
(Meet Me In Saint Louis)
USA, 1944
Réalisation: Vincente Minnelli
Chorégraphies: Paul Jones



La famille Smith a pris ses marques à Saint Louis depuis de nombreuses années. Alors que la célèbre fête internationale de Louisiane est dans tous les esprits, les deux filles aînées connaissent leurs premiers émois amoureux tandis que les deux cadettes deviennent les reines du quartier. Mais le soir d’Halloween, monsieur Smith leur annonce une terrible nouvelle, il vient d’être muté à New York…



"HERE WE ARE AS IN GOLDEN DAYS"

Si Le Chant du Missouri fait partie de ces nombreux ouvrages magiques résultant de la collaboration extraordinaire entre Arthur Freed et Vincente Minnelli, il en est avant tout la première pierre, le point de départ de la carrière du réalisateur, l’instant qui scelle sa rencontre avec la muse Judy, le premier pas vers le renouveau de la comédie musicale. Une œuvre clé. Epicée comme le concentré de tomate de fin d’été, crémeuse comme la glace d'Halloween, sucrée comme les gâteaux de Noël, étincelante comme une foire au printemps. Le succès public est phénoménal dès la Première à Saint Louis le 2 novembre 1944. Le film sera considéré comme l’un des dix meilleurs de l’année. Au cours de son exploitation, il rapportera à la firme plus de 7 millions de dollars (soit six fois le budget du film) et quatre nominations aux Oscars - assorties d’un mini-Oscar d’honneur pour la jeune Margaret O’Brien -, il sera adapté sur scène et au petit écran et apparaîtra dans la plupart des documentaires consacrés à l’âge d’or du lion comme l’un des pivots. La recette: un réalisateur talentueux et amoureux, une star plus admirable que jamais, des seconds rôles taillés dans le marbre, des musiques remarquables, le tout servant une histoire simpliste basée sur une thématique chère au public américain des années quarante: "There’s no place like home".


5135 KENSINGTON AVENUE

Dès le début des années quarante, Arthur Freed n’a qu’une seule obsession, faire le récit d’une famille américaine typique, symbole de la petite bourgeoisie et de la bonne morale chrétienne. C’est dans ce contexte qu’il trouve sur sa route un recueil de nouvelles écrites par Sally Benson pour le Newyorker, racontant son enfance à Saint Louis en 1903. Le caractère enfantin du récit et l’idée que le bonheur d’une telle famille puisse être mis en péril seulement par l’annonce de la mutation du père lui semble parfaitement convenir à ce qu’il cherche. Il achète donc les droits de l’œuvre en 1942 et part convaincre L.B. Mayer. Enthousiaste, ce dernier lui accorde le budget nécessaire pour en faire un film musical et carte blanche pour le casting et l’équipe technique. Le scénario est envoyé à plusieurs spécialistes du studio. Freed pense immédiatement à son protégé Vincente Minnelli pour la réalisation. Les deux hommes se mettent alors à travailler sur les différents scripts qui leur sont envoyés et sélectionne celui de Irving Brecher comme trame de base. Minnelli supervise les décors réalisés par Lemuel Ayers, Cedric Gibbons et Jack Martin Smith, et les costumes de Irene Sharaff. Les quatre hommes du service artistique décident de reconstruire intégralement la rue et la maison de la famille Smith en studio, en demandant à Sally Benson de leur décrire l’environnement de son enfance dans les moindres détails afin que tout soit le plus authentique possible. Une obsession de Minnelli héritée de son passé de décorateur de théâtre, que l’on retrouvera dans la réalisation de la majorité de ses films.


Parallèlement, Freed et Minnelli se penchent sur les questions de casting. Pour le personnage d’Esther, Freed n’imagine personne d’autre que son idole Judy Garland, mais celle-ci se montre réticente. Ses conseillers jugent le rôle trop enfantin et à la limite du secondaire pour cette demoiselle qui a déjà 21 ans et dix-neuf films à son actif. Premier changement majeur par rapport à l’œuvre de Sally Benson, Minnelli suggère de rajouter au scénario une intrigue amoureuse autour du personnage d’Esther, qui la ferait ainsi passer au premier plan et lui donnerait un peu plus de maturité. Judy accepte. Le rôle de Tootie est quant à lui confié à la nouvelle star des enfants acteurs du studio, Margaret O’Brien. Une fois de plus, des conflits d’intérêt font surface, le statut de la jeune fille nécessitant de nouvelles modifications dans le scénario: toutes les actions au départ imputées au personnage d’Agnès sont transférées sur celui de Tootie. Pour encadrer ces deux têtes d’affiches, des acteurs plus âgés qui ont maintes fois fait leurs preuves et des jeunes nouveaux venus. Dans ces talents tout juste débarqués des scènes new-yorkaises, on retiendra en particulier Lucille Bremer, également âgée de 21 ans, ancienne rocket et nouvelle protégée d’Arthur Freed. Une fois le casting bouclé, le producteur commande trois chansons originales à Ralph Blane et Hugh Martin et en profite pour composer et interpréter avec son partenaire de toujours Nacio Herb Brown le duo You and I. Au terme d’une période de pré-production de plus de neuf mois, le tournage débute le 11 novembre 1943.


"THROUGH THE YEARS WE ALL WILL BE TOGETHER"

La chronique d’une vie de famille étalée sur une année. Une trame de base relativement simple, voire même insignifiante, qui permet cependant de révéler tout le génie de son metteur en scène, l’intérêt du film résidant principalement dans sa forme. Pour échapper à une narration plate, linéaire et rébarbative, Minnelli découpe son œuvre en quatre tableaux saisonniers introduits par des cartons-album photo. Ne s’attardant sur les Smith guère plus que deux jours par saison, ce ne sont que des instants de leur vie qu’il donne à voir, laissant au spectateur tout le loisir de s’approprier ces personnages et de combler les interstices. Dans la chaleur de l’été du Missouri, Minnelli nous ouvre la porte de la cuisine du 5135 Kensington Avenue. De la marmite de tomates en ébullition autour de laquelle cogitent Kettie, la bonne, Mme Smith et le fils de la maison, Leon, la caméra s’engouffre dans le salon cossu à la suite d’une Agnès dégoulinante. Le décor est planté, les différents protagonistes se révèlent peu à peu sous nos yeux ou au fil des conversations, le réalisateur soigne sa mise en place au son d’un nasillard Meet me in Saint Louis. Un grand père dansant, deux sœurs impatientes, un père qui n’aime pas manger trop tôt en été, un amoureux expatrié à New York, un voisin attirant et une petite furie fan de poupées mortes. Une dizaine de minutes plus tard, les connaissances sont faites, le film peut battre son plein.


Après ce premier tableau estival et festif, le plus long des quatre par son caractère de présentation des personnages, l’album photo nous invite à pénétrer dans la douceur de l’automne le soir d’Halloween. Minnelli fait monter la tension, il accumule les petites pointes tragiques, qu’il se plait à désamorcer pour donner encore plus de poids à la révélation finale. Le drame, d’abord mis en scène par le jeu des enfants, voyage dans les affabulations de Tootie, déborde dans la colère d’Esther, se love dans le baiser de John Truitt pour exploser au grand jour dans l’annonce de M. Smith. Il est muté à New York. Le monde mis en place dans le premier pan de l’histoire s’écroule. La page tourne, la neige a recouvert le pas de la porte, l’hiver a rempli le cœur des Smith, ce soir sera leur dernier Noël à Saint Louis. Après la fête illuminée autour du sapin, la maison chaleureuse s’est vidée pour ne laisser place qu’aux emballages. Dans un dernier élan de tristesse, Tootie détruit ses bonhommes de neige, la coupe est pleine, M. Smith refusera son poste, après tout, il n’y a rien de mieux que son chez soi (une idée que Minnelli souligne ironiquement en ajoutant en parallèle le retour du prétendant de Rose). Un cadeau de Noël qui dépasse ceux encore empaquetés au pied du sapin, le printemps peut renaître, amenant dans son sillage la foire de Saint Louis.



"DON’T TELL ME THE LIGHTS ARE SHINNING"

Ce découpage structurel du film s’avèrera par la suite être l'une des marques de la mise en scène de Vincente Minnelli. On le retrouvera notamment dans l’excellent Celui par qui le scandale arrive où, de la même manière, la grande révélation qui fait basculer l’histoire se retrouve à plus de la moitié du film, une fois que l’on a pu bien faire connaissance des personnages. Autre élément constitutif du style du réalisateur, qui avait déjà fait surface dans Un petit coin aux cieux et qui éclate ici au grand jour, le jeu sur les lumières et leurs ombres hérité de sa formation à Broadway. Il utilise les sources lumineuses et les formes qu’elles dessinent comme un réel décor, un moyen ultime pour retranscrire l’univers dans lequel évoluent ses personnages. Le travail réalisé sur Le Chant du Missouri par George Folsey sur les directives de Minnelli est ici d’autant plus remarquable que les deux hommes utilisaient pour la première fois une pellicule technicolor. Faisant fi des conseils avisés des pro de la MGM, lui stipulant que le procédé nécessitait un éclairage sur-puissant, Vincente sûr de lui s’est amusé à repousser les limites, n’hésitant pas à explorer la pénombre des intérieurs de la maison des Smith, les rues sombres un soir d’Halloween, une cour enneigée pendant les nuits blafardes d’hiver. Trois séquences remarquables qui dénotent d’une prouesse technique et d’un œil incomparable. Minnelli le peintre, l’impressionniste, est déjà à l’œuvre.



"I WENT TO LOSE A JOLLY HOUR ON THE TROLLEY AND I LOST MY HEART INSTEAD"

Autre coup d’œil remarquable du réalisateur, celui qu’il pose sur Judy Garland. Un coup de foudre qui se lit à l’écran, dans les moindres photogrammes où la star apparaît. Chacune de ces séquences est un portrait peint avec amour, qu’il encadre de mille bordures. Minnelli, envoûté par la jeune femme, décide de transposer cette sensation dans son film, le spectateur doit tomber amoureux comme lui pour comprendre la relation d’Esther et John. Il rompt donc avec les rôles habituels de la demoiselle, qui faisaient d’elle un vilain petit canard, une jeunette espiègle qui ne séduisait les beaux jeunes hommes que par son rire malicieux et sa joie de vivre. Si elle reste ici une adolescente, elle est désormais LA jolie fille du film, celle qui possède les plus belles robes de velours rouge, attire l’attention dans les soirées et séduit son voisin d’un simple regard. Une fonction que Judy a du mal a intégrer au début du tournage, elle a le sentiment de ne plus savoir rien faire, et déteste le reflet que lui renvoie le miroir de la commode dans la chambre d’Esther et Rose. Le peintre engage une nouvelle maquilleuse qui joue avec des touches lumineuses, tel qu’il aurait pu le faire, autour de ses yeux et pommettes. Judy sera la plus belle pour aller danser. Elle avouera plus tard que malgré ses réticences face au projet, le rôle d’Esther fût son préféré, le premier où elle se trouva enfin belle.



"WE WILL DANCE THE HOOCHEE KOOCHEE"

En tant que personnage principal, Judy Garland interprète sept des huit numéros musicaux du film, dont les six premiers sont situés dans le tableau de l’été. La première de ces chansons, la célèbre Meet Me in Saint Louis, qui donne son nom au film, reprise à tour de rôle par différents protagonistes (Agnès, le grand père et Esther, d’abord seule puis en duo avec Rose), permet de situer l’histoire. En effet, cette chanson était un air populaire créé en 1903 à l’occasion de la grande foire internationale de Saint Louis dont il est question dans le film. Elle signifie également, comme cela apparaîtra ensuite, que les jeunes filles attendent avec impatience cet événement. Intercalée entre ses deux interprétations du chant de Saint Louis, The Boy Next Door, écrite spécialement pour le film, première séquence solo d’une Judy merveilleuse. Un morceau qu’elle reprendra plus tard lors de ses récitals. S’ensuivent deux classiques du répertoire américain, l’enjoué Skip to My Lou et l’amusant Under the Bamboo Tree (chanté en duo avec Margaret O’Brien), qui ponctuent la fête estivale donnée dans le salon des Smith. En fin de soirée, Esther interprètera à la demande de John Over the Bannister, un standard écrit quelques années plus tôt par Hugh Martin et Ralph Blane. Une ballade qui permet au jeune homme de déclarer sa flamme à la jeune fille par son propre intermédiaire. Un jeu adroit de mise en abyme.









Dernier morceau interprété dans le tableau de l’été, The Trolley Song. Cette chanson enregistrée en une seule prise accompagne la séquence musicale la plus célèbre du film. Elle a été créée à la demande d'Arthur Freed, qui voulait à tout prix que les paroles de l’air chanté par Esther se servent de la figure du trolley comme métaphore de son amour naissant. On se souviendra de la qualité du jeu d’actrice de Judy Garland à cet instant, alternant entre mélancolie, allégresse et gêne, alors qu’elle chante le rythme de son cœur. La septième chanson, You and I, clôt le tableau d’automne. Interprétée dans le film par M. et Mme Smith, elle sert de catalyseur à la famille une fois la triste nouvelle annoncée. Mme Smith, représentante de la cohésion du foyer, se met au piano, joue quelques notes, M. Smith est à ses côtés, il entonne le refrain, peu à peu chaque membre du clan Smith les rejoint dans le salon, l’ordre renaît dans la douceur de la ballade. Enfin, dernier numéro, l’immanquable Have Yourself a Merry Little Christmas que chante Esther à une Tootie apeurée à l’idée de quitter sa maison. Dans la douceur bleutée de la lune, les deux jeunes filles contemplent une dernière fois leur jardin, comme le sous-entendait déjà le duo des parents Smith au piano, quoi qu’il advienne, la famille restera toujours unie. Devenue depuis un chant de noël traditionnel, le morceau a été réécrit par Hugh Martin à la demande de Judy Garland, celui-ci ayant proposé une première version bien trop lugubre à son goût.






"HOW CAN I IGNORE THE BOY NEXT DOOR"

Si Le Chant du Missouri peut désormais paraître relativement banal dans le paysage des comédies musicales américaines, ne proposant ni un scénario recherché comme le fera par la suite Chantons sous la pluie, ni des séquences de danse remarquables à la manière de Tous en scène, il est cependant nécessaire de le replacer dans son contexte. Comme le dira très bien Vincente Minnelli lui-même dans son autobiographie (Tous en scène, J.-C. Lattès, Paris, 1981): "Comme la majorité des comédies musicales des années trente, les films de Busby Berkeley se passaient toujours dans les coulisses d’un théâtre, et les numéros musicaux n’étaient pas vraiment intégrés à l’intrigue. En effet, ils commençaient toujours sur scène mais se prolongeaient de manière peu réaliste – c’était d’un seul coup cinquante girls sur les ailes d’un avion, avec le ciel pour seule limite! […] Telle était la logique des films musicaux à l’époque: les metteurs en scène semblaient se soucier très peu de l’intrigue et du thème général, pour se contenter de quelques numéros pyrotechniques spectaculaires.". Des habitudes incrustées dans le système hollywoodien depuis une dizaine d’années que le réalisateur va faire voler en éclat au fil de ses œuvres musicales. S’il avait déjà initié le mouvement avec Un petit coin aux cieux, c’est avec Le Chant du Missouri qu’il l’implante radicalement.

La musique n’est plus un plaquage scénique, des airs spécialement conçus pour mettre en valeur la vedette, elle appartient désormais à la réalité, fait avancer l’action. Les personnages entonnent des chansons mythiques en faisant leur toilette, dansent sur des standards lors des fêtes, s’amusent avec le bruit d’un trolley et chantent leurs sentiments. Une idée de construction de l’histoire par les numéros musicaux qui se retrouve également dans les chorégraphies. Pas de sur-danse, pas de numéro spectaculaire, les protagonistes ne se laissent aller dans l’art de Terpsichore que lorsque le contexte le permet (l’allégresse d’une rencontre amoureuse, une fête, un bal…). De même, les danseurs et chanteurs de plateau ne sont plus seulement utilisés comme simples figurants, faire-valoir des stars de la scène. Ils sont partie prenante des évènements, servent d’écrin au coup de foudre, aident John à rejoindre Esther dans le trolley, participent à la fête de Noël, faisant irrémédiablement sentir l’absence de l’être aimé. Minnelli innove, s’amuse à travers sa mise en scène, ses éclairages, son traitement des personnages, il joue sur les sensations avant tout comme le faisaient les impressionnistes chers à son cœur. Il apporte une certaine sophistication à un genre quelque peu englué, un coup de souffle qui dépoussière. Il maintiendra le cap jusqu’à la fin de sa carrière, prenant dans son sillage ses confrères de la MGM, Gene Kelly et Stanley Donen en tête.



Note:
note sur 6


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